Le sens de l’engagement
Chronique Le Monde des Bisounours diffusée dans Les Matins Luxe sur Luxe Radio, le 27 avril 2018.
Que peut-on faire pour que les choses aillent mieux ? Si vous n’êtes pas totalement sociopathes, au vu de la situation actuelle, des tensions entre communautés, de la pauvreté, du manque d’éducation, de santé, de perspectives, de la désespérance sociale et politique, vous devez vous poser cette question, vous aussi, de temps en temps. Et la réponse n’est pas évidente.
Je refuse de croire en l’idée de notre impuissance totale. Elle est atroce et puis, si ce n’est nous, alors qui ? Agir, donc, mais comment ? Dire, déjà. De cela, je suis sûre, c’est le sens premier de mon engagement, dire change le monde, à petite dose. Au Commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Quel que soit le média, dire. Cela paraît simple, ça ne l’est pas toujours, comme nombre de lanceurs d’alerte ou de journalistes l’ont appris à leurs dépens ces dernières années, un peu partout dans le monde.
Se faire entendre, ensuite. C’est beaucoup plus délicat. De qui, comment ? Chacun verra sa vocation à sa porte, de la politique à l’activisme de réseaux sociaux, de l’action sociale à l’art en passant par… Bah, tout ou presque, à condition d’avoir un levier de pouvoir quelconque. On en vient à comprendre aisément pourquoi, dans un monde ultralibéral, l’appel au boycott devienne de plus en plus commun. A l’échelle des états, on appelle cela blocus économique et c’est une arme de guerre. On en vient à comprendre aisément pourquoi c’est illégal à l’échelle des individus.
Gardez-vous à droite, gardez-vous à gauche ! Si parler n’est pas simple, agir alors. A tout petit niveau, dans une association, distribuer trois sourires, aider quelques familles par cotisation mensuelle, soutenir un enfant, un malade, un vieux. On se sent mieux après. Seulement… Un tant soit peu de conscience politique nous fait réaliser qu’il ne faudrait rien pour qu’alors, les gouvernants s’en remettent intégralement à la société civile pour pallier les catastrophes sociales.
Voter, bien sûr ! Et consommer intelligemment. Consommer patriote, ou bio, ou équitable et ainsi, envoyer un message fort, collectif que chacun peut entendre. Seulement, le plus souvent, on comprend mal les enjeux d’élections qui paraissent au mieux une forme perverse de roulette russe entre Charybde et Scylla. Et la consommation semble peu transcendante comme moyen d’expression, entre deux scandales sanitaires.
Changer les choses, oui. Mais rien n’est simple. Ce matin, je n’ai pas de solution pour vous, seulement une interrogation. Voilà, personnellement, toutes les pistes que je vois, toutes celles que je tente et je ne sais pas – ne le saurais probablement jamais, si ce que j’essaie a du sens. Mais la vie est un chemin et je le veux meilleur.
